Statuette de divinité (?) d’Euffigneix

Statuette de divinité (?) d’Euffigneix

Statuette de divinité (?) d’Euffigneix

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Material and technics: 
Calcaire
Origin and date: 
Environs d’Euffigneix (Haute-Marne)
Ier siècle avant Jésus-Christ
Artiste(s): 

Dimensions :

25,8 cm

Les circonstances de découverte de la sculpture, fortuite, ne sont pas connues. Elle aurait été trouvée vers 1922 dans une fosse remplie d’ossements. Le personnage représenté est un jeune homme imberbe. En fait seule sa tête émerge d’un tronc sans bras, entièrement occupé par l’image d’un sanglier. L’homme porte autour du cou un grand torque. En l’absence d’autres attributs caractéristiques, il est difficile de savoir si cette image pleine de force est celle d’un dieu, d’un ancêtre honoré par un culte funéraire, ou encore d’un héros divinisé de la tribu...

La sculpture sur pierre, rare à l’époque gauloise, se développe en Gaule sous influence romaine. Les Gallo-romains prennent alors l’habitude de donner forme (humaine) à leurs dieux, ce qu’ils ne faisaient guère auparavant. Mais cette statuette, qui ne peut être datée avec précision, ne doit rien à la plastique gréco-romaine, et sa forme évoque plus la taille du bois que celle de la pierre.


Toute la surface du tronc de l’homme ou du dieu est occupée de face par un sanglier sculpté en bas-relief. Les muscles bien indiqués et les soies dressées de l’échine soulignent la vigueur de l’animal. Ce type de sanglier figure sur un certain nombre de monnaies gauloises frappées par des peuples du nord et de l’est de la Gaule.

S’agit-il de l’animal symbole du dieu représenté ? S’il ne s’agit pas d’un dieu, est-ce l’image-souvenir des exploits cynégétiques d’un héros ou d’un ancêtre glorieux ? On ne sait, mais il semble peu probable que ce sanglier perpétue le souvenir d’un sacrifice, car les Gaulois ne sacrifiaient pas d’animal sauvage en l’honneur de leurs divinités.

Sur le côté gauche de la sculpture, incomplet, apparaît un grand œil, qui n’est peut-être pas ici le symbole habituellement utilisé dans l’Antiquité pour éloigner le mauvais œil, mais qui appartient peut-être à la tête d’un autre animal, dont on devine le museau.

La chevelure du jeune homme est sculptée avec beaucoup de soin. Elle forme une coiffure compliquée, bien visible au revers de la statuette. Les cheveux, mi longs, sont attachés en « queue-de-cheval » sur le dessus du crâne, et encadrés par deux mèches plus longues, qui tombent jusqu’au torque.
Cette coiffure ne doit bien sûr rien aux modes romaines, mais évoque la description que Diodore de Sicile, historien grec vivant au Ier siècle avant Jésus-Christ, fait des cheveux des Gaulois : « ils les relèvent des tempes vers le sommet de la tête et la nuque... ».