Hache danoise

Hache danoise

Hache danoise

Le premier Moyen Âge
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Origin and date: 
Mi-IXe - Xe siècles
Fond de la Seine dans l’Eure

Fer
Artiste(s): 

Ce rare fer de hache fait partie d’un ensemble de 75 objets métalliques acquis en février 1901 par le musée d’Archéologie nationale. Il s’agissait du don de Mme Caméré, veuve d’un ingénieur ayant été chargé de travaux d’aménagement dans la Seine durant la seconde moitié du XIXe siècle. Les conditions de découverte de l’objet restent malheureusement floues. Mais la donatrice croyait se souvenir qu’il avait été trouvé en 1882 près des Andelys, dans le département de l’Eure. Le fait est qu’on peut expliquer son assez bon état de conservation par son séjour prolongé dans la Seine, en dépit d’arrachements vraisemblablement provoqués par le passage de bateaux ou de dragues.

 

Une arme viking

Si, au Moyen Âge, la plupart des haches avaient une simple fonction d’outil, on ne peut douter du fait que celle-ci ait été une arme de guerre. Elle est ce que les spécialistes appellent une « hache danoise », dont le souvenir est associé aux guerriers vikings qui razzièrent l’Europe entre la fin du VIIIe et le milieu du XIe siècle.

Parmi les nombreuses armes que ce nom désigne, celle-ci relève du type G de Jan Petersen (De Norsk Vikingesverd, 1919), en usage entre le milieu du IXe et la fin du Xe siècle. Il est défini comme « hache à tranchants et lobes d’emmanchement symétriques ». De fait, sa lame a l’aspect d’un triangle isocèle se resserrant vers la douille, laquelle adopte une forme hexagonale en raison des deux « lobes » qui se développent perpendiculairement au manche afin d’en améliorer la fixation. Le manche de bois – qui était le plus souvent en frêne ou en chêne – n’a pas survécu. Mais l’iconographie et les descriptions faites par les textes d’époque, tant scandinaves que francs d’époque carolingienne, laissent présumer qu’il mesurait entre « trois et quatre pieds » de long – soit un bon mètre pour le moins. Il s’agissait donc d’une hache à deux mains, que sa relative légèreté permettait de faire tournoyer pour frapper avec autant de puissance que de rapidité.


C’est la relative symétrie de ses tranchants qui permet de distinguer la « hache danoise » de type G de celle de type L qui apparaît plus tard.

 

Pour en savoir plus consultez la Présentation dans le cadre de L'objet du mois

 

Retrouvez l'objet dans la revue Archéologia, n° 544 - juin 2016