Bagues d’un trésor du IIIe siècle après J.-C.

Bagues d’un trésor du IIIe siècle après J.-C.

Bagues d’un trésor du IIIe siècle après J.-C.

Origin and date: 
IIIe siècle après J.-C.
Nizy-le-Comte
Artiste(s): 

Les deux bagues acquises en 2014 sont typiques des nouvelles formes, décors et techniques qui se développent dans le domaine de la joaillerie dès la fin du IIe siècle après J.-C. et surtout au IIIe siècle, dans l’empire romain.

Les bijoux deviennent en général plus massifs, spectaculaires, voire clinquants. Ils s’ornent plus souvent que par le passé de pierres de couleur, et de décors ajourés procurant des effets d’ombre et de lumière.

Les bagues de Nizy-le-Comte ont une monture massive en argent, dont les épaules s’élargissent en triangle, d’un type très à la mode en Gaule entre 230 et 260. Un décor de peltes (boucliers) et de branches et rinceaux végétaux, très ajouré, obtenu par percement du métal à froid, de l’extérieur vers l’intérieur, allège les épaules de leur anneau, et créée un effet de dentelle. Cette technique nouvelle, dite de l’opus interrasile, n’est pas héritée, comme la plupart des techniques de mise en forme et de décor employées en joaillerie romaine, des époques antérieures. C’est une création d’époque romaine, également utilisée sur des médaillons, des bracelets, des boucles d’oreille, des fibules, des boucles de ceinture, le plus souvent en or.

 

Le chaton de l’une des bagues (poids : 10,04 g.) est une intaille ovale à surface plane, taillée dans la cornaline, l’une des pierres les plus souvent utilisées à l’époque romaine. Le dieu Jupiter trônant, accompagné à droite de son aigle, y est gravé (3). Il tient un sceptre, et une patère (vase à libation). Si les dieux gréco-romains sont le principal sujet représenté sur les intailles d’époque romaine, Jupiter, malgré son statut de maître des dieux, n’est pas le motif le plus commun.

 

La seconde bague, plus massive (poids 22,91 g) est d’un type beaucoup plus rare, car elle est ornée d’une monnaie en argent frappée à Rome en 201, recouverte d’une feuille d’or destinée à donner à ce denier l’apparence d’un aureus, monnaie en or. De façon exceptionnelle pour ce type de bijou, dit monétaire, ce n’est pas la face montrant le portrait de l’empereur de Septime Sévère (193-211) qui a été choisie par l’orfèvre ou son client, mais le revers de la monnaie. Il montre les bustes affrontés de ses fils, les princes Caracalla (211-217), cuirassé et lauré, à gauche et de Géta (211), tête nue, à droite. Le chaton hexagonal a cependant été évidé à l’arrière, afin de laisser voir l’effigie de l’empereur.

 

Les bijoux ornés de monnaies, très à la mode à partir de la fin du IIe siècle, pendant tout le IIIe siècle, et même aux époques suivantes, sont presque toujours en or.

 

Pour en savoir plus, consultez la  Présentation dans le cadre de L'objet du mois

 

Retrouvez l'objet dans la revue Archéologia, n° 540 - février 2016